Marie Jill Nelson – Episode 9

 

  • Amour ?
  • Baptistou ?
  • Pourquoi tu n’essaierais pas de t’épiler le minou ?
  • Parce que ça fait mal, pardi.
  • Des tas de femmes le font, ça ne doit pas être si terrible.
  • Les femmes sont folles, si tu veux mon avis. Sais-tu que des chercheurs ont démontré que s’épiler le minou c’est la douleur la plus insoutenable après l’accouchement ?
  • Sérieux ?
  • Absolument.
  • J’aurais pas cru.
  • Ben si. C’est une équipe de chercheur de Harvard. Alors c’est du sérieux.
  • C’est plus douloureux que de se faire arracher un bras? J’ai du mal à y croire.
  • Eh bien essaie. Tu me diras. Tu n’aimes pas mes poils, c’est ça ?
  • Si ! Si ! J’aime beaucoup, mais j’aurais bien aimé voir ce que donnait la zone une fois élaguée.
  • C’est trop bizarre. Ça fait petite fille perverse.
  • Et si tu en laisses juste un peu, genre…
  • Genre ticket de métro ? Ça fait actrice porno. Ça t’exciterait que j’ai l’air d’une actrice porno ? Ou d’une petite fille perverse ?
  • Eh ben…. Je…. Je… Eh ben…. Je…
  • Eh ben tu quoi ? Hein ? Je t’écoute, chéri. Exprime toi sans crainte.
  • Rien, oublie BB. Et gardons cette… Cette barbe de Demis Rousseau. Ça a son charme.
  • Je te remercie d’en convenir. Bon dieu, je ne comprends même pas qu’on puisse avoir ce genre de conversation alors que Prince est mort.
  • Chérie amour, tu as pleuré toute la semaine en écoutant Purple Rain. Je suggère juste qu’on passe à autre chose. Je suis en train de faire une overdose.
  • Il y a sûrement d’autres sujets que parler de pilosité, chaton. Surtout au petit-déj.
  • Désolé, j’ai pas d’idée et je dois aller bosser. A ce soir mon cœur. Je t’aime, telle que tu es. Poilue ou tondue.

 

Mon Baptiste est le plus génial des fiancés. C’est rassurant de se sentir aimée malgré ses (légers tout petits minuscules) travers.

Dans un élan d’amour, j’ai voulu lui faire plaisir :

Je décidai d’aller me faire épiler.

Et oui. C’est aussi ça, l’amour.

C’est grand, c’est beau, et ça vaut bien quelques poils.

 

  • Bonjour mademoiselle. Je voudrais me faire épiler.
  • Bien sûr. Quelle zone ?
  • Eh ben la cha… Le sexe.
  • D’accord. Le pubis. Quelle genre d’épilation voulez-vous ?
  • Je ne sais pas… je n’ai jamais…
  • D’accord. Vous voulez intégrale ? Brésilien ? Américain ? Ticket de métro ? Bikini ? Maillot ? Personnalisé ?
  • Waouh ! Tout ça ? C’est quoi Brésilien, par exemple ?
  • Alors c’est le type d’épilation qui consiste à dessiner un triangle sur le devant du pubis et à ne laisser qu’une toute petite bande de poils autour des lèvres.
  • Très bien, et l’Américain ?
  • Alors, c’est une petite variante de l’épilation dite « en ticket de métro », qui propose de ne laisser qu’une fine bande au niveau du pubis, d’environ quelques millimètres, et d’épiler les lèvres.
  • Vous épilez les lèvres ????
  • Oui madame.
  • Putain quelle horreur ! Ça doit faire atrocement mal.
  • Ça dépend. Vous êtes un peu pâle, madame, tout va bien ?
  • Je veux bien un sucre. Et l’intégrale, c’est quoi ?
  • Alors l’intégrale, c’est quand on épile tout. Y compris l’inter-fessier.
  • Qu’est-ce que c’est l’inter-fessier ?
  • C’est la zone tout autour de l’anus. Madame ? MADAME? Christine ! Coralie, Jennifer ! Venez m’aider, j’ai une cliente qui est tombée dans les pommes ! Apportez un verre d’eau !
  • J’aimerais mieux un petit cognac, ai-je dit en reprenant mes esprits.
  • Ça va mieux, madame ? Vous êtes tombée comme ça ! Boum ! Comme une…
  • Où suis-je ?
  • Chez Miss’Beauty Boop
  • Ah… Oui… Je me souviens.

 

J’ai choisi le maillot. C’est à dire, la plus cool. On épile juste les petits poils mignons, genre duvet, qui dépassent du maillot. J’ai estimé que c’était bien assez pour une première fois.

Les dames en blouse rose m’ont promis que ça ne faisait pas mal.

 

  • AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH ! ENLEVEZ- MOI ÇA TOUT DE SUITE ESPÈCE DE GARCE !!! ÇA BRÛÛÛLE !
  • Ça va refroidir, madame, ne bougez pas.
  • Oh bordel quelle horreur…. Mais qu’est-ce que c’était ?
  • De la cire, madame. C’était un peu chaud ?
  • Un peu ??? Vous m’avez brûlé le minou au 3ème degré. Je ne pourrai peut-être plus jamais faire l’amour.
  • Mais si, mais si, ne vous inquiétez pas. Attention, je vais ôter la bande.
  • Ça fait mal ?
  • Un tout petit petit peu.
  • AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHH ! ARRÊTEZ, ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ TOUT DE SUITE ! LÂCHEZ ÇA TOUT DE SUITE JENNIFER OU JE VOUS MORDS !
  • Madame, si vous n’arrêtez pas de crier et de vous agiter, je ne pourrai pas enlever la bande de cire.
  • Je m’en fiche ! Laissez la ! N’y touchez plus ! Ne l’enlevez pas ! Je vous en supplie.
  • Vous ne pouvez pas rester avec cette bande de cire à moitié décollée ! Madame !
  • AAAAAH ! Qu’est-ce que vous avez fait !
  • Je l’ai enlevé ! Vous voyez ! C’était rien !
  • Je vous le fais après. Vous verrez.
  • Allez, on fait le deuxième côté ?
  • Donnez-moi un bâton à mordre. Ou de la morphine. Je veux être anesthésiée.
  • Serrez ma main, ça ira, et respirez.
  • AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH ! Mon dieu… C’est horrible. Je me sens partir…. Mais pourquoi… Pourquoi s’infliger toutes ces souffrances…
  • Pour nos hommes, mademoiselle.
  • Et eux, AAAAAAAAÏE, aïe, aïe, qu’est-ce qu’ils font pour nous ? Rien. Ils ne font rien, Jennifer. Ils ne sont même plus obligés de se raser la barbe parce qu’ils sont soit disant plus sexy avec. J’attends avec impatience qu’on trouve les femmes plus sexy avec leurs poils. Mais je crains que ça n’arrive jamais…Vous voyez, ma petite Jennifer, rien que pour ça, on ne sera jamais égaux, eux et nous. Jamais. Tant qu’on demandera aux femmes de s’enlever les poils, l’égalité des sexes ne pourra exister. Allez, enlevez-moi cette bande et qu’on en parle plus.

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