Marie Jill Nelson – Episode 3

Semaine compliquée.

Lutte intense et épuisante pour tenir à distance un sentiment ô combien toxique : la jalousie.

Echec total.

Psychoter jour et nuit par la réponse de Baptiste à Camille. Je voulais savoir s’il l’avait vue en dehors du resto.

Je ne peux lui demander franco, il comprendrait que j’ai fouillé son téléphone… J’ai toujours prétendu que les filles qui faisaient ça étaient bonnes à être internées. Je ne pouvais pas lui expliquer que moi c’était différent, que je faisais ça comme ça, pour le fun et vraiment exceptionnellement.

Il a donc fallu m’y prendre autrement pour obtenir l’info :

  • Et sinon, avec Camille ? lui ai-je demandé, un jour, ça se passe bien ?
  • Ben oui. Elle est parfaite pour le job. Non ? Un peu sèche, parfois, non ?
  • Ah non, non, je trouve pas. Je l’aime bien cette fille, moi. Je la trouve super. (niak niak niak)
  • J’ai envie de changer la carte, j’ai envie de d’essayer le poisson. J’ai pas de poisson sur la carte. Qu’est ce que t’en penses ?
  • Je suis vegan, Baptiste. Pour moi, le poisson doit nager dans l’eau pas dans la sauce. Vous vous voyez à l’extérieur de temps en temps ? Je veux dire, pour parler d’autres choses que du restaurant, tu vois, pour pas toujours avoir la tête dans le guidon, quoi, comme Mélaine et moi on fait de temps en temps. (Mélaine c’est l’amie avec qui j’ai ouvert mon resto bio/vegan).
  • Avec Camille ? Non. jamais !
  • Et si elle te le demandait ?
  • Mais jamais elle me le demanderait !

Voilà.

Salaud.

Pris la main dans le pot de confiture.

Sale traître.

Ordure.

Oh que j’avais mal !

Oh que le mensonge est douloureux !

Le soir même, j’ai prétexté du travail. Je suis rentrée chez moi avec l’idée de prendre un bain parfumé, m’épiler de haut en bas, me coiffer, mettre ma plus belle robe et puis allumer le gaz et mettre la tête dans le four.

J’ai commencé une lettre, un peu mélodramatique. Je lui disais que je savais tout, enfin que j’en savais un peu et que justement je ne voulais pas en savoir plus, car ce que je savais me suffisait. Mais à partir de ce moment, j’ai commencé à m’embrouiller et j’ai aussi réalisé que je n’avais pas le gaz et comme ma recherche « comment se suicider avec un four à pyrolyse » n’avait rien donné, j’ai laissé tomber.

Et, sans vraiment comprendre comment j’en étais arrivée là, une heure plus tard, j’envoyais une photo de moi en bikini à Anthonin sur WhatsApp.

J’ai évidemment choisi une photo où je ne pesais pas un âne mort. Il y a 5 ans, j’avais encore la cuisse et le mollet galbés. Il y a 5 ans, je me nourrissais de tranches de rigolades avec les copines, de tablettes de Crunch, je m’hydratais à la vodka, et je croyais que le quinoa était ce qu’on donnait au bétail, que le thé vert était réservé aux vieilles anglaises acariâtres.  Il y a 5 ans, je mangeais n’importe quoi, n’importe quand, mais je faisais un 36. Voir un 34. Aujourd’hui, je mange bio/vegan/light/équilibré et je fais du 40. Qu’est-ce qui a bien pu se passer…

Question : Est-ce que vieillir fait grossir ?

Mais Anthonin n’y a vu que du feu.

  • Tu m’en envoies d’autres ? J’adore tes fesses.
  • Ahahaha j’adore tes fesses. C’est mignon 😉
  • Tu préfères cul ?
  • Non fesses ça me va aussi. Je pensais pas qu’à 22 ans on disait fesses.
  • Non, on dit cul mais je voulais pas te choquer.
  • Tu sais faut se lever tôt pour me choquer.
  • Oui, j’ai vu. Je t’ai vu danser I will survive au resto. C’était cool. T’es souple. Je suis excité. C’est malin.
  • Restons-en là, je suis une femme respectable. Good night.
  • Stp attends. J’ai envie de toi comme un dingue. On se voit qd ?
  • Pour quoi faire ?
  • A ton avis ?
  • Je vais couper.
  • J’ai envie de ta bouche.
  • NOOOOONNNN ! stp stp stp.
  • No pbm. T marrante tu dis qui faut se lever tôt mais je vois bien que t’es choquée. Les filles de 20 ans sont moins frileuses. Ça revient après la quarantaine. Elles ont plus peur de rien.
  • Je n’ai peur de rien. Crois-moi.
  • Prouve-le.
  • J’ai rien à te prouver petit con.
  • Putain ske tu m’excites.
  • Ok. Quand ?
  • Mercredi.
  • Où ?
  • Chez moi. A 22h
  • Slt
  • Slt

Il était bien évidemment difficile de s’endormir après un tel échange.

Je ne pouvais pas m’arrêter de penser.

En règle général, j’ai beaucoup de mal à m’arrêter de penser. J’ai comme des millions de pop-up qui surgissent sans arrêt.

Ploop, les yeux d’Anthonin

Ploop pourquoi Baptiste veut faire un treck au Népal

Ploop, la bouche d’Anthonin

Ploop, Kim K a encore posté une photo d’elle à poil. Je peux faire pareil ?

Ploop, le Prince William a l’air vraiment sympa

Ploop où est-ce que j’ai vu des cuissardes beiges, déjà ? Est-ce que les cuissardes à talons font escort ?

Ploop, Joe starr est vraiment freaky mais je suis certaine qu’il ,’est pas dégueu au lit.

Ploop il reste du cheesecake dans le frigo…Youpppii !

 

***

Bilan de maturité de la semaine.

Épanouissement sexuel : 7% (légère hausse en fin de semaine).

Épanouissement psychologique : -15 % (totale régression résultant de la fréquentation d’un quasi-mineur)

 

 

 

 

 

 

 

 

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