Marie Jill Nelson – Episode 12

  • Je ne veux plus de bébé.
  • Mais enfin ! Tu en voulais un encore avant-hier !
  • Oui, oh, je sais, hein, c’est pas très gentil de me mettre face à mes contradiction. C’est tout toi, ça.
  • Oui, enfin, quand même, je m’étais fait à l’idée, moi. J’avais même trouvé un prénom. Jordan.
  • Ça sent trop l’échec scolaire.
  • Qu’est-ce que tu racontes ? Ronny Jordan était un immense guitariste. On peut l’appeler Ronny si tu veux mais j’ai pensé que c’était un peu…
  • Ni Ronny, ni Jordan. On n’aura pas de bébé.
  • Mais pourquoi ?
  • Parce que ça fait mal. J’ai vu des vidéos. Ça fini dans un bain de sang. La mère hurle comme une damnée, le… Le bébé sort tout bleu, on lui tape dessus et il se met à brailler à son tour. Non. Non non non. J’ai pas envie. T’as qu’à en faire un, toi. Je veux pas. ça m’énerve. On fait ce qu’il y a de plus dur, de plus douloureux, de plus épuisant et la récompense, c’est quoi ? Des boulots moins payés, des postes moins élevés, des insultes, des agressions ? Non, non, non. c’est fini.
  • Qu’est-ce qui est fini, chérie ?
  • Les bébés. Tout ça, c’est fini. Je vais créer un mouvement. Le NENB. No Equality No Baby.
  • Chérie, sois sérieuse, aucune femme ne te suivra.
  • Détrompe-toi. on est déjà deux. Julie et moi. D’ailleurs faut que j’y aille on a rendez-vous pour peindre nos bannières. On défile demain. Si tu veux nous retrouver, t’es le bienvenu, le point de ralliement c’est au Mojito’s bar.
  • Arrête. Ne sois pas bête, chérie. Julie ne veut pas d’enfant parce qu’elle est bien trop égoïste.
  • C’est vrai, mais je n’ai trouvé qu’elle pour rallier ma cause.
  • Dis-moi pourquoi tu ne veux plus d’enfant, plutôt.
  • Tu vas le prendre contre toi.
  • Promis que non.
  • Si on a un enfant, je ne serais plus libre de sortir quand je veux et on devra vivre ensemble.
  • J’essaie de ne pas le prendre contre moi, mais c’est difficile.
  • Je te l’avais dit ! T’es trop susceptible, Bat.
  • Tu ne veux pas t’installer avec moi ?
  • Si ! Mais pas maintenant. Je suis bien trop jeune.
  • Marie, je ne voudrais pas être blessant mais tu as 30 ans dans 1 an. Tu n’as pas envie de fonder une famille ?
  • Tu veux dire : chérie, tu n’as pas envie de faire la cuisine tous les jours ? De ramasser mes chaussettes ? De ranger les jouets des gosses ? De passer l’aspirateur ? De passer au pressing, chez le pédiatre, chez le tailleur, chez le boucher, chez…
  • Ok… Laisse tomber. Si c’est ta vision de la famille, oublie.
  • Ben, c’est aussi ça, une famille, Baptiste chéri.
  • J’y vois d’abord de l’amour. Multiplié par autant de membres qui la compose.
  • Moi j’y vois d’abord des emmerdes. Multipliés par autant de membres qui la compose.
  • Ta famille est un mauvais exemple.
  • Ça, c’est sûr.
  • Regarde plutôt la mienne, tu veux bien ?
  • Chéri, c’est avec la mienne que j’ai grandi, c’est cette vision de film d’horreur qui est enregistré sur mon disque dur.
  • Je te jure qu’on peut y arriver. Et on prendra une femme de ménage. Tu n’auras jamais à repasser une seule de mes chemises.
  • Et une nounou ?
  • Si tu veux.
  • Et une cuisinière ?
  • Je m’occuperais de la cuisine.
  • Et c’est toi qui te réveilleras la nuit quand il pleurera ?
  • Oui.
  • Alors… Ça se réfléchit… Et…
  • Oui ?
  • Est-ce que je pourrai te laisser bébé et sortir le soir avec mes copines ?
  • Bien sûr.
  • Et…
  • Oui ?
  • Tu m’aimeras encore même si j’ai des vergetures ?
  • Bien sûr.
  • Tss tss tss… Il y a quelque chose de louche là dedans…
  • Quoi donc, chérie ?
  • Tout ça paraît si parfait… Est-ce qu’on ne se promet pas tout ça au début ? Est-ce que, au début, on ne se jure pas qu’on donnera le meilleur de nous-même ? Seulement après deux ans, les ennuis et les mensonges commencent… Baptiste, ce que je veux dire, c’est qu’avec un bébé, on ne peut pas se permettre de rater notre coup, tu comprends ? On ne pourra pas le rendre, le mettre au chenil, ce genre de truc, tu vois.
  • Ok, alors on fait quoi ? On reste des éternels adolescents ?
  • Je ne sais pas. Il faudrait qu’on fasse un pacte. Qu’on se promette de toujours se respecter, de ne pas se mentir, de rester bienveillant avec l’autre, de ne pas le trahir, de veiller sur lui, de le soutenir, de ne pas se disputer comme l’ont fait mes parents, de ne pas se traiter comme des chiens, de jurer qu’on poussera la chaise roulante de l’autre s’il arrivait ce genre de pépins, enfin, tu vois…
  • Tu veux dire, une sorte de mariage.
  • Ben…
  • Est-ce que tu es en train de me demander en mariage, bb ?
  • Non, enfin, c’est pas ce que je…
  • Alors est-ce que je peux le faire, moi ?
  • De quoi ?
  • Te demander en mariage !
  • Eh bien je… Je sais pas… Tu me prends au dépourvu, et j’ai pas… Enfin, tu peux toujours essayer.
  • Marie Jill Nelson, voudrais-tu m’épouser ?
  • Je sais pas. j’ai besoin de réfléchir.
  • Tu aurais pu m’éviter cette humiliation.
  • Oh Bat ! Ne fais pas l’enfant je te prie. Tu peux me laisser 5 minutes de réflexion, non ? C’est toute ma vie qui est en jeu, je te signale. Quand tu sais qu’il me faut parfois des semaines et des semaines de réflexion, de calcul, de délibération, d’introspection, de torture mentale avant d’acheter une pauvre paire de chaussures, je suis bien gentille de te donner une réponse le jour-même si oui ou non j’ai envie de ramasser ton linge sale éparpillé aux 4 coins cardinaux.
  • Tu n’auras pas à faire ça. Je te l’assure. Je vais chercher du pain. Ça te laisse 15 minutes.
  • Tu me prends des chouquettes, une patte d’ours et un éclair ?
  • Qu’est-ce qui t’arrive, t’es au régime, chérie ?
  • Mon cerveau va avoir besoin de sucre pour ces 15 minutes d’intense réflexion. Va. Va, et reviens. Tu auras ma réponse.

 

Bon, j’ai besoin de vos conseils, les filles, (et les garçons aussi peut-être) je suis perdue… Est-ce que j’épouse mon Baptiste ou pas ? Vous serez choux de me répondre dans les commentaires.

6 Comments

  • Eloïse
    26/05/2016 15:14

    Bonjour, J’ai toujours été une Julie, c’est à dire, accrochée à ma liberté, donc pas de bébé ni de mari. J’ai donc refusé la demande en mariage d’un garçon que j’adorais mais j’avais trop la trouille! résultat, il en a épousée une autre. je suis restée sous ma couette à pleurer pendant 3 mois… c’était il y a… 4 mois. Je sors seulement de ma couette et je me dis, comme Mary, qu’est ce que je vais faire de toute cette liberté! bon, mais je suis jeune, hein! 😉 donc, mon conseil perso, c’est de bien réfléchir avant de dire non… (ps, sinon, j’aime beaucoup cette chronique, très drôle, la 6 t la 7 m’ont même arraché des fou-rire bienvenus pendant ces mois à déprimer en solo sous ma couette!)

    • Made in Today
      27/05/2016 09:07

      Bonjour Eloïse,
      Merci pour ton commentaire.
      Bon courage pour cette douloureuse épreuve !
      Très contente que tu aimes la chronique 🙂
      Belle journée, Marie Jill

  • Aude
    26/05/2016 15:26

    Alors, petite expérience personnelle: moi, je suis plutôt comme Marie Jill, un jour j’ai envie, un jour je n’ai plus envie. Mon chéri, ça l’a rendu dingo. il m’a posé un ultimatum, soit je l’épouse, soit on se sépare. j’ai dit: faisons un compromis: organisons un vrai/faux mariage. On a invité 60 personnes dans une super maison louée à l’occasion à la campagne, on a acheté des alliances, un copain a fait le curé, et on s’est mariés comme ça. Pour de faux. ça a duré 2 ans. Au bout de deux ans, j’ai trouvé ça tellement génial d’être marié avec lui, qu’on a fait un vrai mariage. depuis, ça roule! (même si c’est pas simple tous les jours…) Voilà!

    • Made in Today
      27/05/2016 09:08

      Quelle belle histoire ! Cette idée me plait beaucoup ! Merci de l’avoir partagé avec nous Aude 🙂
      A bientôt, Marie Jill

  • Fabrice
    26/05/2016 17:07

    « Le mariage est une chose si importante que ce n’est pas assez de toute la vie pour y réfléchir ».
    Je ne suis pas sûre que ça aide mais j’aime bien cette citation.

    • Made in Today
      27/05/2016 09:09

      Je suis bien d’accord Fabrice !!! 😉
      Marie Jill

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